CAROLINE CORBAL
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Souffle encore, 2017

Avec la collaboration du philosophe Eric Sadin. Extrait de son ouvrage La vie algorithmique. Critique de la raison numérique.
Avec la participation du chanteur Makja pour la mise en voix de « Souffle encore ».
Avec l’intervention en live de l’artiste DJ Arnaud Coutellec.

Dans un contexte marqué par l’événementiel, le temporaire et l’éphémère, Souffle encore est une installation proposée dans le cadre du festival FACTS Art et Science au sein du Musée d’ethnographie de l’Université de Bordeaux. Par un dialogue de complémentarité avec les œuvres présentées dans les collections permanentes du musée, ce dispositif invite à revisiter les notions d’archivage et de mémoire auxquelles nos espaces numériques sous-tendent.

Photographies Joseph Manuel Caballero et Michel Briau

L’installation Souffle encore investit l’espace du Musée d’ethnographie de l’Université de Bordeaux en explorant et en questionnant le rapport actuel de cette colonisation numérique par son pouvoir de déstructuration et restructuration de nos espaces du quotidien, de captation et d’archivage.
Cette œuvre donne à observer une cohabitation entre une institution muséale et un quotidien numérisé par leurs actes similaires qui sont de l’ordre du conservatoire, du documentaire et de l’historique.
Cette approche en écho permet d’interroger l’actuelle collection vivante exponentielle en cours d’implantation. Dans une société composée d’une accumulation de services où l’information s’extrait de toute part par nos mouvements et où les données numériques se font lieu de partage et par la même de pouvoir social, celles-ci deviennent avant tout un formidable instrument de mesure permettant d’étiqueter, de séquencer au mieux les êtres en objets informatifs et performatifs. La structure de l’installation vacille ici entre un duo présent, absent, connecté et déconnecté. Se faisant ainsi tour à tour existante et évanescente, elle contraint le spectateur à une accommodation spatiale où seule les lumières d’une image en filtrage bleutée et une bande sonore viennent recomposer la vision formatée et anarchique issue de ces milliers de pulsations numériques. Soufffle encore est une invitation à méditer sur le mouvement violent de cette architecture temporelle qui conditionne nos sociétés et sur ce qui en constitue aujourd’hui une des caractéristiques fondamentales: le temps humain est régi, réduit par la nature de l’archivage et de la géolocalisation.
Dans ce vaste environnement porté par la sauvegarde de l’instant, l’humain semble s’essouffler temporellement, réévaluant ainsi profondément les notions d’êtres, d’objets et d’expériences dans notre rapport au monde.